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N°7 - Janvier 2018

Diagnostic et étude de faisabilité

L’église Notre-Dame des Marais de La Ferté Bernard, édifiée entre le XVe et le XVIe siècle, constitue un témoignage remarquable des différents styles architecturaux et décoratifs ayant influencé les maîtres maçons au cours de ces périodes.

En effet, ses éléments architecturaux (gâbles et pinacles) présentent des décors se référant au style gothique flamboyant, alors que ses balustrades et bas-reliefs évoquent davantage un style première Renaissance avec ces ornements à l’antique, empruntés au répertoire italien.

Ces derniers ont d’ailleurs fait l’objet de nombreuses interventions de restauration à partir du XIXe siècle, comme en témoigne l’emploi de ciment naturel prompt pour la restitution de bustes ornant les médaillons des bas-reliefs et les écoinçons des corniches, ou l’application d’anciens traitements de consolidation.

Bien que ce type d’intervention apparaisse salutaire à l’origine, elle peut également s’avérer être une source majeure de dégradation des matériaux, nécessitant par la suite la mise en œuvre de protocoles de restauration adaptés. En effet, l’application d’un traitement de surface est une procédure irréversible, qui lorsqu’elle est faite dans de mauvaises conditions (application en trop grande concentration ou sur un support pollué) peut s’avérer désastreuse, en contribuant notamment à l’accélération des processus de dégradation. C’est malheureusement le constat que nous avons établi lors d’un premier diagnostic sanitaire sur les décors des 3 travées Sud de l’église. Celui-ci nous a amenées à réaliser une étude de faisabilité de divers protocoles de restauration (nettoyage, dessalement, consolidation, ragréages). Pour ce faire, nous avons mis en place pour chaque type d’essai, des méthodes d’évaluation sur site et un suivi analytique rigoureux, afin de vérifier l’innocuité de leur mise en œuvre. Ces investigations associées à des essais de restauration ont ainsi permis de mettre au point des protocoles précis et adaptés à l’état de conservation et à l’histoire matérielle de chaque décor.

MOA = Ville de la Ferté Bernard ; MOE = François Jeanneau, ACMH

Assistance pluridisciplinaire au Diagnostic sur Pierre, Fonte et Peinture

L’équipe ECMH s’est rendue sur le pont-canal de Briare, qui enjambe la Loire, pour un diagnostic des piles et candélabres en pierre, mais également sur les ouvrages en fonte qui ornent le pont-canal : sculptures monumentales, grilles et lampadaires décorés d’arabesques. Les anciennes teintes découvertes par dégagements stratigraphiques, le constat d’état, ainsi que l’étude des moyens de fixation des décors ont permis de proposer des solutions de restauration.

MOA = Voies Navigables de France ; MOE = Thierry Leynet  

Une utilisation méconnue du ciment naturel prompt pour des ornements intérieurs

Plus sobrement cité comme le Cotin par les sources historiques, le châteauEtude ECMH sur les décors intérieurs du Cotin du Cotin est une belle maison de maître surplombant la ville de Vire (14). Elle est aujourd’hui le résultat d’une succession de modifications architecturales et décoratives entreprises à la fin du XVIIIe siècle et jusqu’au début du XXe siècle.
À notre grande surprise, notre mission portant sur le diagnostic des décors peints intérieurs a également permis de révéler que certains ornements avaient été réalisés en ciment naturel prompt. Ce matériau, obtenu par cuisson d’un calcaire argileux, est connu depuis l’Antiquité, mais n’a été redécouvert qu’au XVIIIe siècle, pour par la suite être surtout utilisé au XIXe siècle. En France, sa production s’industrialise dans les années 1830. Il est apprécié pour sa rapidité de prise, sa résistance, sa durabilité, et pour sa teinte ocre esthétique. Pouvant être moulé en atelier, avant d’être rapporté sur les façades, il est essentiellement utilisé en extérieur.
Il était donc particulièrement étonnant de trouver ce matériau au château du Cotin, dans des décors habituellement réalisés en gypserie. Paradoxalement, la dureté même du ciment prompt était à l’origine des désordres qui affectaient les décors : sa dureté les rendant très fragiles à la casse et entraînant leur détachement des surfaces support en bois. Pour autant, la remarquable particularité que constitue l’utilisation du ciment prompt pour des décors intérieurs devra être valorisée lors de leur restauration.

MOA = Ville de Vire

N°6 - Septembre 2017

Une équipe pluridisciplinaire pour un diagnostic des décors

L’aitre Saint Maclou de Rouen, édifié entre le XVIe et le XVIIe siècle sur les fondations d’un cimetière plus ancien, constitue l’un des derniers charniers de cette forme subsistant en France. Il constitue un témoignage rare de l’évolution socio-culturelle des approches de la mort aux XVIe et XVIIe siècles. Le lieu évolua ensuite rapidement vers d’autres destinations : en place publique, lieu de commerce, puis école à partir de la seconde moitié du XVIIe siècle. Si un soin particulier a été porté à la conservation de l’ensemble des décors macabres ornant les sablières en bois et les colonnes en pierre extérieures, les intérieurs ont subi plusieurs modifications au cours des siècles, témoignant des différents usages du lieu. Malheureusement, l’édifice présente aujourd’hui un état de dégradation avancé nécessitant la réalisation de travaux de réhabilitation lourds. Les nombreux décors sculptés et peints ornant les élévations intérieures et extérieures impliquent quant à eux la mise en œuvre de protocole de restauration adaptés. Dans ce but, un diagnostic complet de l’ensemble de ces décors a été entrepris sous la direction de Richard Duplat, Architecte en Chef des Monuments Historiques. La profusion de décors réalisés dans des matériaux différents a nécessité l’intervention d’une équipe de restaurateurs spécialisés en collaboration de notre bureau d’études. Ainsi, Charles Boulnois et Maxence Marchandier ont réalisé une expertise complète des décors sculptés en bois, Cornelia Cione a été en charge de la compréhension des décors peints intérieurs, Bérangère Chaix s’est consacrée aux vestiges des papiers peints, encore non répertoriés – leur conférant ainsi un caractère unique – et Annabelle Sansalone a établi le diagnostic sanitaire des décors sculptés en pierre. La coactivité entre les intervenants et notre bureau d’études, ainsi que la pluridisciplinarité de l’équipe constituée, ont contribué à alimenter des échanges riches, favorisant une meilleure compréhension des décors dans leur ensemble. C’est aujourd’hui l’occasion de remercier et féliciter toute l’équipe pour ce beau travail collaboratif en phase de diagnostic.

 

MOA = Rouen Métropole ; MOE = Richard Duplat, ACMH

Diagnostic Bétons par ECMH

Assistance pluridisciplinaire au Diagnostic sur Pierre, Fonte et Peinture

L’équipe ECMH s’est rendue sur le pont-canal de Briare, qui enjambe la Loire, pour un diagnostic des piles et candélabres en pierre, mais également sur les ouvrages en fonte qui ornent le pont-canal : sculptures monumentales, grilles et lampadaires décorés d’arabesques. Les anciennes teintes découvertes par dégagements stratigraphiques, le constat d’état, ainsi que l’étude des moyens de fixation des décors ont permis de proposer des solutions de restauration.

MOA = Voies Navigables de France ; MOE = Thierry Leynet  

Assistance technique : de la difficulté à trouver le juste milieu entre consolidation, ragréage et changement de pierre pour une forte dégradation de la pierre

La maison de la Duchesse Anne a été construite en 1664 en pierre de Logonna, granit finistérien qui a la particularité de former des veines concentriques d’oxydes. Les pathologies observées, qui affectent différemment les assises plus ou moins chargées en oxydes, étaient beaucoup plus étendues et profondes en partie haute, qu’initialement supposées à pied d’œuvre. Notre accompagnement et l’assistance technique en cours de chantier ont permis d’évaluer l’ampleur et l’origine des désordres. Après avoir vérifié le caractère stable de cette pathologie, il s’agissait alors de graduer les propositions d’intervention en fonction du degré d’affection de chaque assise afin d’une part, d’assurer une restauration durable, et d’autre part, de conserver le parti initial d’intervention dans un budget raisonnable. Nous avons ainsi pu proposer au cas par cas de combiner la restitution des assises les plus abîmées à d’autres solutions moins radicales, tels que le goujonnage de certaines assises, le colmatage des fissures ou encore la purge et la mise en œuvre d’un mortier de solin pour les pierres desquamées.

MOA = Privé ; MOE = CALC Architecture

N°5 - Avril 2017

Constat d'état et essais de nettoyage, étude ECMH

Constat d’état des surfaces et mise au point du nettoyage

La collégiale Saint Thiébaut de Thann, édifiée entre le début du XIVe et le XVIIe siècle, représente une des plus importantes constructions gothiques d’Alsace. Son portail Nord, daté de 1456 constitue l’un des plus anciens portails gothiques tardifs encore conservé dans la région. Richement orné, le collatéral Nord compte aujourd’hui vingt statues monumentales en ronde bosse, encadrées de culots et dais sculptés. La lisibilité de ces décors est aujourd’hui dégradée par l’alternance de zones claires lessivées et de zones sombres encrassées.

Les zones encrassées sont bien souvent des zones abritées du ruissellement de l’eau, mais tout de même sollicitées par l’humidité ambiante de l’air : les particules vont s’indurer sur la surface de la pierre et les sels solubles que l’encrassement contient vont également venir polluer l’épiderme de la pierre (sulfates essentiellement). Le nettoyage aura donc pour objectif aussi bien d’améliorer la lecture et remettre en valeur l’ouvrage que ralentir les phénomènes de dégradation de la pierre.

A l’inverse, les zones lessivées sont exposées au ruissellement de l’eau qui empêche l’accumulation de l’encrassement, mais qui va également éroder les surfaces et rendre l’épiderme de la pierre plus ouvert et poreux. Ainsi lorsque des surfaces alternent zones encrassées et lessivées,  le procédé de nettoyage doit être adapté à ces deux types de sensibilité de l’épiderme, en ménageant efficacité et innocuité.

Le diagnostic des décors sculptés, ici, sur le collatéral nord de la collégiale de Thann, a révélé une répartition des sels solubles liée à la morphologie des éléments sculptés et à leur exposition. Les culots, d’une fine sculpture XVe sont plus encrassés et pollués, alors que la statuaire XIXe a moins été sollicitée. Nos essais de nettoyage adaptés à chaque type de surface et d’ouvrage ont alors conduit à des protocoles spécifiques : soit en micro-abrasion soit par compresse de nettoyage éventuellement suivi d’un dessalement.

MOA = Ville de Thann ; MOE = Richard Duplat, ACMH

L’accompagnement spécifique aux problématiques du béton

La généralisation de l’emploi du béton dans la construction au début du siècle dernier a contribué à l’édification d’un patrimoine architectural riche, mais dont les préoccupations en termes de pathologies et solutions de restauration arrivent aujourd’hui sur le devant de la scène : pollution, corrosion d’armatures, exposition préférentielle de certaines zones aux intempéries, développement de réactions secondaires pathogènes, etc…

Notre mission sur la Chapelle Notre Dame du Haut de Ronchamp a consisté en un accompagnement de l’entreprise Tollis au cours d’une phase expérimentale pour la compréhension et la mise au point d’un protocole de traitement des fissures.

Dans le cas du bâtiment Ninféi de Stanislas, notre mission a consisté en un diagnostic des pathologies en vue des prochains travaux de restauration pour définir la méthodologie d’intervention la plus adaptée.

 

Paris, Lycée Stanislas, Bâtiment Ninféi

MOA : Stanislas ; MOE : M. Renard

Ronchamp, Chapelle Notre Dame du Haut

MOA : AONDH ; MOE : R. Duplat

 

Etude spécifique ECMH et sur les enduits bétons de la maison de la Radio

Chute des tesselles de mosaïque et fissuration du support

Comme nous en avions parlé dans notre premier numéro, les 5000 m² de mosaïque de la maison de la radio montrent des signes d’instabilité avec des chutes ponctuelles de tesselles. Si nous avons dans un premier temps démontré que l’adhérence des tesselles sur leur mortier colle n’était pas suffisante, certaines zones plus affectées que d’autres indiquaient qu’un mouvement de plus grande ampleur pouvait également être une des sources de la problématique.

C’est en effet en observant plus avant les zones de mosaïque lacunaire, que nous avons identifié d’une part un réseau de microfissures sur le mortier colle, et d’autre part que les panneaux support de la mosaïque sonnaient creux ponctuellement ou par larges zones.

Des investigations et analyses sur les supports de béton et micro-béton ont alors permis de mettre en évidence la présence de sels gonflants se développant entre le micro-béton d’enduit support des mosaïques, et le béton structurel au cœur de la construction. Le développement de ces sels induits par les infiltrations et arrivées d’eau se concentre principalement sur les zones exposées, et est à l’origine des microfissures du support. Ces microfissures déstabilisent ainsi le revêtement de mosaïque qui par sa faible adhérence aura encore d’autant plus tendance à se détacher.

MOA : RadioFrance ; MOE : Michel Goutal ACMH

 

N°4 - Janvier 2017

Concilier conservation, mise en valeur et présentation cohérente des décors

L’église de Saulcet située dans l’Allier recèle un ensemble de décors peints dont les variantes stylistiques suggèrent une appartenance à différentes campagnes de mise en peinture, s’étalant de la période médiévale à la période contemporaine.

Les décors médiévaux ont pu être remis au jour sur certaines zones, à l’occasion d’une campagne de dégagement, dans les années 1980. En effet, il s’est avéré que de nombreux décors médiévaux historiés étaient recouverts par des décors modernes stylisés datant du XIXe siècle. Si certaines travées présentent aujourd’hui un décor assez cohérent, bien que parfois lacunaire, d’autres sont ornées de décors datant de périodes différentes, engendrant des difficultés de lisibilité et un conflit de présentation. Ces découvertes ont, ainsi, posé la question de l’état de conservation des décors anciens mis au jour, des moyens à mettre en œuvre pour les préserver, mais également pour les présenter.

Dans ce cadre, nous avons été amenées à réaliser un constat d’état sanitaire des décors médiévaux, des cartographies permettant de les localiser précisément, ainsi que des dégagements complémentaires visant à mieux comprendre les stratigraphies établies lors de la précédente campagne de sondage.

Ces investigations ont mis en évidence la grande fragilité des décors les plus anciens, pour lesquels des interventions d’urgence doivent être entreprises. Elles ont également permis de souligner l’altération de la lisibilité et de la compréhension des décors, liée à la diversité des campagnes de mise en peinture.

Ces travaux nous ont mené à envisager des mesures conservatoires précises et adaptées, pour consolider et préserver ces décors médiévaux. Celles-ci ont été établies, suite à la conduite d’une réflexion approfondie sur la présentation de l’ensemble des décors, afin d’améliorer leur lisibilité et ainsi les mettre en valeur. Nous avons ainsi proposé plusieurs partis de conservation, et les interventions qu’ils impliqueraient, afin de favoriser un choix éclairé des actions à mettre en œuvre.

MOA = Ville de Saulcet ; MOE = Richard Duplat ACMH

Comment s’assurer qu’une bonne efficacité du nettoyage ne nuise pas à l’ouvrage sur le long terme ?

Dans le cadre des procédés actuels de nettoyage des encrassements urbains des façades de bâtiments, le traitement chimique est souvent proposé. Toutefois, si l’on est habitué à régler naturellement les paramètres de projection des nettoyages mécaniques, pour les procédés chimiques par compresse, il convient d’adapter le produit appliqué à l’encrassement et au support. L’assistance de notre bureau d’études a été requise dernièrement pour contrôler l’innocuité de ces traitements, et ainsi finaliser la mise au point des protocoles d’intervention assurant ainsi, la pérennité des ouvrages dans le temps.

 

MOA = Lefèvre Réhabilitation

Diagnostic des décors sculptés

Diagnostic des altérations et de la pollution saline : quel projet de restauration possible ?

Pour certains édifices, les teneurs en sels relevées dans les pierres sont jugées trop élevées pour assurer leur bonne conservation. Un dessalement par application de compresse peut alors être envisagé. Ce type de traitement présente, cependant, certaines limites, comme l’établissement d’une formulation adaptée, ou la faible profondeur d’action, surtout par rapport à des pollutions par infiltrations ou remontées capillaires. Il est donc difficile d’évaluer l’efficacité de cette méthode, sans essais d’exécution préalables. Dans certains cas, la forte pollution des épidermes en sels peu solubles rend cette opération ambitieuse. En plus d’un enjeu intrinsèque de conservation de la pierre, de l’efficacité du dessalement va dépendre la faisabilité et la durabilité de certaines interventions de restauration, comme les procédés de consolidation ou de reprises en mortier de ragréage.

Dans le cadre du diagnostic du porche du Collège Fontenelle de Rouen, les mortiers et ragréages en plâtre étant la principale source de sels, et par conséquent, de dégradation du décor, quel projet de restauration envisager ? Entreprendre une intervention conservatoire en place par dessalement au risque d’une faible efficacité, ou déposer en conservation l’ensemble de l’œuvre au risque d’une intervention lourde et intrusive ?

MOA = Département de Seine Maritime ; MOE = Frédérique Petit, Architecte du Patrimoine

N°3 - Septembre 2016

La question de la dépose des groupes sculptés en plomb

Dominant l’ensemble du domaine du château de Versailles, les groupes sculptés monumentaux en plomb jouent les équilibristes sur le faîtage de la chapelle royale. Dans le cadre de futurs travaux de restauration, un état des lieux de ces groupes sculptés s’est révélé nécessaire. Nos investigations depuis nacelle ont permis d’identifier différentes altérations de surface, comme étant le résultat de la formation de différents produits de corrosion du plomb : les coulures blanches sont une forme d’oxydation « classique » du plomb en milieu urbain, correspondant à la formation d’un film passivant, alors que les coulures brunes résultent d’un processus d’oxydation récent, encore peu connu, à tendance évolutive, à base de sulfate. Nos essais de traitement ont alors pu montrer que ces formations d’oxydation sont superficielles et peuvent être éliminées par micro-abrasion.

Ensuite, un état sanitaire des armatures métalliques internes a été nécessaire puisque celles-ci maintiennent l’assemblage des différents éléments constituant la peau de la sculpture ; cette peau présente d’ailleurs des déchirures et des fissures. Depuis les combles, nous avons identifié le raccordement du mât central à la charpente dont l’assemblage semble en bon état; l’état intérieur des groupes sculptés n’était cependant pas visible ou accessible par cette voie. Nous avons donc entrepris une inspection de l’intérieur, par caméra endoscopique, à travers une fine ouverture dans la peau en plomb. Ces investigations, réalisées en collaboration étroite avec Aurélia Azéma du LRMH, ont mis en évidence une corrosion généralisée des armatures métalliques en fer de la structure interne, pouvant nécessiter ainsi une dépose des œuvres à moyen terme.

MOA = Etablissement Public du Château de Versailles ; MOE = Frédéric Didier ACMH

Compréhension des teintes anciennes

L’intérêt de sondages stratigraphiques en recherche de peintures anciennes, porte sur la connaissance des mises en peinture successives, mais également sur l’identification de leur aspect d’origine. L’intervention consiste bien souvent à réaliser des fenêtres de dégagements stratigraphiques au scalpel par grattage ou clivage successif des différentes épaisseurs de peinture, complétées par des observations sous loupe binoculaire si besoin. L’importance de notre travail consiste ensuite à mettre en correspondance les résultats des sondages, sur différentes zones, pour une compréhension la plus cohérente possible des ouvrages.

MOA = Les Métiers du Bois

La conservation des graffitis, enjeu du programme de restauration

Les très nombreux graffitis couvrant les pans de mur des escaliers, salles et édicules de la porte royale de Loches sont des témoins de l’histoire des lieux et de la mémoire des hommes qui ont pu y vivre. Dans un souci de conservation de ces inscriptions gravées, nous avons réalisé un inventaire exhaustif des graffitis et de leur état. Cette étude a donc débuté par un relevé photographique servant à garder la trace de chaque assise gravée, suivi par une localisation précise de chacune d’entre elles. Un état sanitaire a été spécifiquement annoté pour chaque assise et un protocole de conservation adapté a pu être émis. L’ensemble des informations concernant l’état sanitaire, la localisation et la description des graffitis furent consignées dans des fiches d’inventaire et sur des relevés géométriques. Ces documents serviront de base au travail d’une éventuelle restauration.

MOA = Ville de Loches ; MOE = François Jeanneau ACMH

N°2 - Mars 2016

Recherche d’une pierre nouvelle de substitution

Dans le cadre du chantier d’étude de l’arc boutant n°18 de la cathédrale Notre-Dame de Paris, nous avons réalisé un constat d’état des dégradations de l’ensemble de l’arc. Malgré une reconstruction totale par Viollet-Le-Duc au milieu du XIXe siècle, certaines pierres de l’édifice présentent aujourd’hui un état d’altération avancé, laissant envisager leur substitution. Mais quelles pierres choisir ?

Nos investigations sur site, réalisées en collaboration avec Lise Leroux du LRMH, avaient mis en évidence plus d’une vingtaine de pierres différentes, réparties sur l’ensemble de l’arc. La plupart d’entre elles ont été extraites d’anciennes carrières parisiennes, non exploitées aujourd’hui. La question du choix de la pierre s’est donc révélée complexe… En effet, les nouvelles pierres envisagées devaient répondre à plusieurs critères. Tout d’abord, elles devaient être compatibles aux pierres adjacentes d’un point de vue : pétro-physique, pour limiter toutes incompatibilités physico-chimiques, mécanique pour répondre aux contraintes physiques, et esthétique, pour éviter l’effet de « patchwork ». Elles se devaient également de pouvoir être fournies dans les quantités et dimensions requises pour un futur chantier.

Les deux premiers critères ont été étudiés par comparaison des résultats des analyses pétro-physiques d’échantillons prélevés sur site avec les fiches techniques de carrières. Ce travail  a permis d’identifier 3 natures de pierres compatibles, entre les bancs de la carrière de Saint Maximim, de la carrière du Clocher et de la Croix Huyart dans l’Oise. Restait ensuite à évaluer les critères esthétiques et de fourniture. Des visites en carrières en compagnie de la maitrise d’ouvrage, maitrise d’œuvre, Conservation et du LRMH permirent d’aboutir à la validation de cette sélection préalable en fonction de la destination d’usage de chaque pierre.

MOA = DRAC IdF ; MOE = Philippe Villeneuve ACMH

Remontées de laitance sous un hydrofuge

Suite à la mise en œuvre d’un dallage en pierre, des auréoles blanches de laitance sont apparues en surface, mais d’ores et déjà piégées sous une couche d’hydrofuge. Nos essais de traitement ont principalement consisté à éliminer l’hydrofuge avant de pouvoir traiter les auréoles blanches : d’une part en trouvant le solvant adapté à la nature de l’hydrofuge, et d’autre part en mettant au point le vecteur d’application de ce solvant en l’occurrence par compresse, pour assurer son efficacité sur la surface à traiter avant qu’il ne s’évapore.

MOA = Copropriété ; MOE = Alain Ovré

Réfection d’un enduit sur un support altéré

L’expertise de l’état sanitaire de la façade de cet immeuble en moellons était nécessaire pour adapter le type de réfection, et notamment de mortier de joint et enduit de reprise.

En effet, les moellons de pierre étaient poudreux sur plusieurs millimètres alors que les mortiers de joint étaient encore présents. Une analyse des constituants et du niveau de pollution saline de la pierre a mis en évidence l’emploi de plâtre dans les mortiers et une pollution des pierres a un fort taux de sulfates. Une reprise avec des mortiers compatibles a été préconisée.

MOA = Copropriété ; MOE = Jean-Bruno Chevallier

L’importance du constat d’état face à la conservation de la statuaire

La chapelle royale de Versailles se distingue notamment par une trentaine de statues placées sur la balustrade. Leur finesse d’expression et d’exécution en font les joyaux de cette architecture. Comment sont-elles arrivées jusqu’à nous et comment les préserver ?

Nos premières observations nous ont montré un état de conservation globalement moyen. Toutefois, une observation plus rapprochée, nous a permis d’identifier certaines altérations et dispositions qui soulevaient plusieurs problématiques.

Leur état de conservation global ne traduit pas d’importantes pathologies, mais plutôt une érosion de surface importante. Celle-ci associée à de petites lacunes ponctuelles affectent principalement la lecture symbolique de ces œuvres et en touchent leur caractère malgré les petites dimensions en jeu.

Par ailleurs, nos relevés de la face arrière des statues ont mis en évidence de nombreuses reprises par incrustation de bouchons de pierre dont la nature est très similaire à celle d’origine et sont peu visibles. Nos investigations nous font alors suspecter des réparations issues de la manutention et dépose des statues, lors de la campagne de 1870 sous Questel, plus qu’à des reprises de pathologies de la pierre. La manipulation de ces statues nécessiteraient aujourd’hui d’infinies précautions.

C’est donc à la lumière d’une observation fine et croisée entre les constats des matériaux et altérations que les problématiques de la conservation de cette statuaire se révèlent dans toute leur fragilité.

MOA = EP Versailles ; MOE = Frédéric Didier ACMH

N°1 - Novembre 2015

Diagnostic de pathologies : décollement des mosaïques, 5000 m² en jeu

Les 5000 m² de mosaïque de la Maison de la Radio offrent des nuances du vert-bleu au gris anthracite qui contrastent avec les vitrages et leurs allèges en aluminium blanc. Cette gigantesque maison ronde a été construite en 1963 par Henry Bernard et fait actuellement l’objet de travaux de réhabilitation. C’est dans le cadre des futurs travaux extérieurs et d’une mise en sécurité des ouvrages que la tenue des mosaïques a été étudiée.

Nos investigations ont montré que toutes les mosaïques se détachant du mortier colle concernaient des zones déjà reprises dans les années 1980. Nous avons alors mis en évidence que les stries du peigne dans un mortier colle trop épais ne permettaient pas une surface d’adhésion suffisante. Cette mosaïque présente également la particularité de ne pas avoir de mortier de joint. Mais si l’on peut estimer que la dilatation du grès cérame est faible pour des carreaux de petite taille et n’est pas directement responsable des désordres, on constate toutefois que les infiltrations d’eau par ces joints sont à l’origine du décollement de la tesselle de son support.

Mais ce n’est pas tout : le son creux que l’on identifie lors des sondages provient du support et non de la mosaïque.
Suite au prochain numéro …

MOA = RadioFrance ; MOE = Michel Goutal ACMH

Degré d’altération et changement de pierre

Dans le cadre du chantier de restauration des parties supérieures de la Sainte Chapelle de Vincennes, ECMH et BPE en co-traitance pour le lot laboratoire ont assisté le maître d’œuvre et les entreprises dans l’identification des altérations. Le repérage des désordres et leur localisation sur plan ont notamment permis de confronter le degré d’altération de certaines zones avec les changements de pierre prévus. Ce repérage a pointé du doigt les fragilités du nœud de pierre au centre de la rosace. Ainsi, entre perte de matière et fissures, des changements de pierre ont été relocalisés sur cette zone.

MOA = CMN ; MOE = Mester de Parajd ACMH

Altération n’est pas pathologie ! Principe constructif, histoire matérielle et désordres

L’expertise du décor intérieur des ornements de gypserie et carton-pierre XIXe d’un salon d’apparat a conduit à en identifier les altérations, les localiser et proposer un protocole de restauration.

Or il y a lacune et lacune, fissure et fissure … les comprendre pour mieux les distinguer, c’est aussi proposer des solutions plus adaptées.

MOA = OPPIC ; MOE = Michel Goutal ACMH

Diagnostic de pathologies : les bas-reliefs Nord, incompatibilité de pierre ?

Au regard des désordres affectant la pierre ancienne des bas-reliefs Nord, juste sous la pierre de Courson mise en œuvre lors de la campagne de restauration de Questel en 1870, il y avait tout lieu de supposer à une incompatibilité entre les deux pierres. L’une plus dure entraînant l’altération de la plus tendre.

Or, contrairement à ce que l’on pensait initialement, les analyses pétro physiques ont montré que la pierre de restauration est plus tendre que la pierre d’origine. Toutefois, on note que pour une porosité quasi équivalente, la pierre de restauration est bien plus capillaire que la pierre d’origine ; son réseau capillaire permet plus de transferts.

En parallèle de ces analyses, des dosages de teneurs en sels ont révélé une forte pollution sulfatée de la pierre ancienne corrélée à la présence de ragréages et joints au plâtre.

C’est donc le transfert d’eau depuis cette pierre de restauration qui a accentué la contamination et l’expression des faciès de pathologies liées à la présence de sels.

Mais quid de la restauration ? Aujourd’hui, l’incompatibilité mécanique des pierres n’est pas démontrée et les propriétés physiques ne permettent pas d’incriminer la pierre de restauration comme l’origine des pathologies même si elle les a favorisées. L’enjeu de la restauration se concentre donc sur l’élimination de toutes les sources de sels, le traitement des pierres en allègement de sels et l’intégration durable de pierre neuve.

MOA = EP Versailles ; MOE = Frédéric Didier ACMH